L’horloger de Dachau – Carly Schabowski

Résumé :

Janvier 1945, Dachau, Allemagne. Alors que le train tremble à travers la campagne bavaroise enneigée, la beauté immobile à l’extérieur cache les scènes terribles à l’intérieur du train, où les hommes et les femmes sont entassés, frigorifiés et terrifiés. L’horloger juif Isaac Schüller ne comprend toujours pas comment il est arrivé ici et il est certain qu’il ne sortira pas vivant.

Lorsque les prisonniers arrivent au camp de concentration de Dachau, Isaac est séparé des autres prisonniers. On l’installe dans la maison de l’officier supérieur Becher et de sa jeune épouse. Avec son talent pour l’horlogerie, Isaac peut être utile à Becher, mais il sait que sa vie est sspendue à un fil. Elle n’aura de valeur que tant que l’officier nazi aura besoin de ses compétences. Dans cette maison, il y a également Anna, une prisonnière qui a été recrutée pour laver le linge et faire le service pour l’officier nazi qui organise des réceptions et vit comme s’il n’était pas entouré par la présence pourtant obsédante de la mort. Quand Anna rencontre Isaac, elle sait qu’elle a trouvé un véritable ami… et peut-être plus. Mais Dachau est un lieu dangereux où l’amour n’a pas sa place. Ils vont devoir se battre pour espérer, un jour, être libres de s’aimer.

Mon avis :

Vous connaissez maintenant mon intérêt pour les romans sur la Seconde Guerre Mondiale. J’en lis beaucoup et ne m’en lasse pas. Ils sont tous différents, et instructifs et parfois surprenant. Comme celui ci que j’ai trouvé très original. J’ai été étonnée par la tournure qu’a pris l’intrigue. Le camp de Dachau n’est pas le théâtre central de l’action. Certes plusieurs de nos protagonistes y sont prisonniers mais la journée ils travaillent chez le commandant du camp, dans sa luxueuse maison. C’est dans cette demeure que nous les suivons le plus et que nous les voyons évoluer au côté de la femme et du fils de ce commandant nazi.

C’est donc un roman choral où pas moins de 4 personnes vont se succéder pour nous raconter leur histoire, leur vision des choses : Isaac l’horloger, Anna l’aide cuisinière, Friedrich l’enfant et un narrateur mystère par le biais d’un journal. Ce sont ces deux derniers qui ont donné cette saveur particulière à ce roman. Le narrateur mystère pour des raisons évidentes, j’ai été intriguée et je menais l’enquête comme j’aime le faire. Pour Friedrich c’est plus subtil, c’est un garçon de 11 ans qui ignore tout de ce qui se passe à 1km de chez lui. Il vit dans une bulle loin des horreurs de la guerre, loin d’imaginer ce que son père fait. Il est naïf et innocent comme n’importe quel enfant de son âge. Étant délaissé par ses parents, ignoré voire rabroué en permanence, il erre dans la maison, écoute aux portes et parle à Isaac et Anna même si on le lui a interdit formellement. Et que fait un garçon de 11 ans ? Il répète ce que disent ses parents ! Friedrich n’est pas en âge de se forger sa propre opinion, il est sans filtre et il va sans le vouloir insulter Isaac qu’il considère pourtant comme un ami. Son personnage est complexe, ambivalent mais terriblement attachant. Au fur et à mesure qu’il prend conscience de son environnement, ce petit garçon va évoluer, s’affirmer, grandir. C’est un peu le maillon central du roman, le seul parmi les narrateurs à pouvoir se balader à peu près librement. Il fait le lien entre tous les protagonistes, il est le seul à pouvoir entendre ou voir certaines choses.

Isaac et Anna sont eux aussi très attachants. Ils travaillent dans la grande maison le jour et retrouvent le camp le soir. Leur situation considérée comme privilégiée fait d’ailleurs des envieux. Leurs camarades se tuent littéralement à la tâche et deviennent suspicieux pour la plupart. Du coup Isaac et Anna sont assez isolés et vont trouver du réconfort ensemble. Des sentiments vont même naître entre eux, comme le laisse d’ailleurs supposer la 4ème de couverture. J’avais peur de ne pas adhérer car 30 ans les sépare. Mais c’est amené tout en finesse et délicatesse. C’est de l’amour mais pas forcément charnel, je parlerai plus de profond attachement, de sentiments forts, d’espoir.

J’ai adoré évoluer entre ces différents personnages. L’intrigue est entraînante, prenante et addictive. Quelques passages sont plus durs que d’autres mais globalement c’est une lecture qui se lit vite. Le seul petit bémol pour moi est le dénouement, certes surprenant et imprévisible mais un brin trop facile. L’autrice a voulu créer un retournement de situation mais il n’y avait aucun signe avant coureur, du coup j’ai eu un peu l’impression que cela sortait de nulle part et que cela sonnait faux. Pour être surprenant ça l’est mais du coup on perd en cohérence. C’est visiblement un roman inspiré de faits réels, mais cette fin semble plus se rapprocher de la fiction. C’est dommage de finir sur cette petite note négative car sinon c’était une très belle lecture.


Une vision inédite et originale de la seconde guerre mondiale que j’ai beaucoup aimé !

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