Les faisceaux de la peur – Maud Tabachnik

Résumé :

En ce printemps 1937, la ville de Florence a perdu sa traditionnelle douceur de vivre alors que les miliciens de Mussolini commencent à faire régner la peur. Pour Judith, jeune femme au tempérament rebelle, le monde s’effondre lorsqu’un homme est tué sous ses yeux par les fascistes, sans que personne ne réagisse. Judith, qui est juive, découvre la délation, l’humiliation et la lâcheté. Rapidement, elle est contrainte à l’exil en France avec sa famille.

C’est à Paris qu’elle va faire des rencontres qui vont changer sa vie : des étudiants révoltés, des intellectuels exilés… et l’amour de Sophia. Mais alors que le monde bruisse des rumeurs d’une guerre prochaine, Judith réalise qu’elle va devoir faire des choix difficiles, au péril de sa vie et de son bonheur. Armée de sa jeunesse et de sa fougue, elle va devoir apprendre à survivre pour résister aux années de terreur à venir…

Mon avis :

Je trouvais le sujet de ce roman assez intéressant puisqu’il traite de la montée du fascisme en Italie et en France avant la seconde guerre mondiale, un sujet que je ne maîtrise absolument pas ! J’étais donc ravie de découvrir un autre pan de l’histoire, plus méconnu.

1937, Florence. Judith, jeune italienne juive, voit un homme être tué sous ses yeux. Son monde et ses certitudes s’écroulent mais ce n’est pourtant que le début. De l’Italie à la France nous allons suivre sa famille dans la tourmente à l’aube de la guerre.

Le contexte historique est bien développé, documenté et exploité. Le travail de recherche est conséquent de manière à nous livrer un roman abouti et fouillé. L’autrice prend son temps et se concentre sur la montée du fascisme et de l’antisémitisme qui vont conduire la famille de Judith à l’exil. D’ailleurs je trouve que le résumé en dévoile trop, car avant d’en arriver là, bien d’autres événements seront développés et de très nombreuses pages seront tournées. J’ai trouvé que l’autrice arrivait parfaitement à retranscrire ce climat de peur, d’incertitude et de méfiance. Nous sommes les témoins impuissants de ces changements profonds et nous aimerions prévenir ces gens qui oscillent entre espoir et désillusion.

J’ai trouvé que c’était un roman très intéressant et instructif voire passionnant par moment et cela est dû en grande partie à sa narration. Les chapitres sont courts, incisifs et percutants. L’autrice va droit au but parfois aux détriment des émotions. J’ai parfois eu l’impression de lire des mémoires, celles de Judith en l’occurrence, et je me suis demandé jusqu’à quel point cette histoire de famille pouvait être vraie voire personnelle. Je n’aurai pas la réponse car il n’y a aucune note de l’autrice en fin d’ouvrage mais je serai curieuse de le savoir. Le seul problème de cette narration c’est qu’elle crée de la distance avec les petsonnages, je me suis sentie complètement détachée d’eux, extérieure à leur histoire, émue par ce qui leur arrive sans être pleinement bouleversée. Ce roman est par moment impersonnel et se contente d’énumérer des évènements et des dates. Ce n’est pas pour autant indigeste mais j’en attendais plus. La plume est simple et efficace, sans artifices. C’est un roman qui se lit vite même si l’autrice prend vraiment le temps de poser les bases historique. J’ai eu le temps de m’imprégner des lieux, de l’atmosphère, de la peur ambiante. La tension monte crescendo jusqu’à l’exil forcé et ce que cela implique : le nouveau départ, l’intégration, l’humiliation…

Vraiment j’ai beaucoup aimé ce roman… Jusqu’à la deuxième partie qui va traiter de la guerre en elle même. Deuxième partie qui représente à peine 1/4 du roman, deuxième partie qui va trop vite, qui semble bâclée. Je n’ai pas compris un tel revirement après une première partie aussi détaillée. Alors certes je suis revenue en terrain connu et cela a dû jouer mais tout est bien trop rapide. Le dénouement quant à lui n’en ai absolument pas un et appelle clairement à une suite, sans qu’aucune mention n’en soit faite. Mais malheureusement si suite il y a je ne sais pas si je la lirai tant je n’ai pas aimé cette deuxième partie…

De cette lecture je retiendrai donc la première partie avec son gros travail de recherche qui m’a passionnée et ce climat anxiogène qui m’a donné froid dans le dos.


De la montée du fascisme à la guerre en passant par l’exil, le combat d’une famille pour survivre.

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