Pour l’honneur de tous les miens – Amanda Skenandore

Résumé :

Philadelphie, 1906.
Alma Mitchell est brutalement rappelée à son enfance par un article de journal : un agent fédéral a été assassiné et le suspect est un ami d’enfance de la jeune femme, Harry Muskrat. Harry – ou Asku, ainsi qu’Alma l’a toujours appelé – était l’élève le plus prometteur de l’école dirigée par le père d’Alma, la Stover School, créée à la suite des guerres indiennes, et qui avait pour vocation d’aider à l’assimilation des enfants indiens des réserves voisins (« d’apprivoiser les sauvages », en somme). Alma y était la seule élève blanche.

Mais sans aucune bienveillance, les enfants étaient privés de toutes leurs racines : leur langue, leurs us et coutumes, et même leur nom, laissant ainsi leur héritage sur le bord de la route.

Le brillant et courageux petit garçon qu’Alma avait bien connu ne peut pas avoir tué quelqu’un de sang-froid. Mais elle reconnaît difficilement celui qu’Asku est devenu, un homme froid et aigri d’être un paria dans un monde blanc et un fantôme dans le sien. Le mari d’Alma, Stewart, est avocat. À la demande de sa femme, il accepte de défendre Asku.

Mais pour ce faire, Alma va devoir replonger dans de douloureux secrets. Des secrets qu’elle avait cachés à tout le monde, notamment à Stewart…

Mon avis :

Ce livre est un coup de coeur et il sort aujourd’hui. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire ! Plus sérieusement, même s’il va être très difficile de mettre des mots sur ce roman, je vais essayer de vous convaincre. Parce que ce livre est nécessaire, parce que ce livre vaut le détour, parce que ce livre va vous faire pleurer.

C’est avec une double temporalité maîtrisée et équilibrée que l’on découvre l’histoire d’Alma mais surtout des Indiens, que l’on a privé de leurs racines, de leurs cultures, de leurs coutumes. Dès les premières pages, le ton est donné, ce roman sera éprouvant. L’autrice ne nous ménage pas, ne nous épargne aucun détail mais dénonce à la perfection ces politiques d’assimilation indienne. Le but de ces pratiques ? Tuer l’Indien au coeur de l’enfant. Comment ? Par des pensionnats autochtones. Alma est justement la fille du directeur de Stover, une école d’assimilation. Elle sera la seule élève blanche de l’école et c’est par ses yeux naïfs, innocents et endoctrinés que nous découvrons l’horreur. Alma est persuadée que l’école aide les Indiens, leur offre une opportunité d’avenir en les éduquant. Elle est convaincue du bien fondée de cette politique. Mais comme elle navigue entre deux mondes en côtoyant la bonne société américaine et en fraternisant avec ses camarades de classe , sa vision va finalement complètement changer. Son évolution sera lente et subtile, le doute s’incinuera doucement dans son esprit au fil des années… Jusqu’à un incident qui la fera irrémédiablement basculer du côté des Indiens.

Mais quel est cet événement ? C’est un mystère que l’autrice entretient habilement et qui nous tient en haleine pendant une bonne partie de l’intrigue. La partie passée s’étend sur de nombreuses années et l’autrice prend réellement le temps de nous exposer le contexte. Avec des descriptions immersives, elle nous dépeint des méthodes barbares qui m’ont horrifiée. En arrivant dans ces écoles, les enfants devaient abandonner leurs familles, leurs croyances, leur langues, leurs traditions, leurs cheveux… leur identité en somme. La suprématie blanche imposait une transformation physique ainsi que mentale afin qu’ils sortent de leur état primitif et s’intègre à la société. Quelle hypocrisie ! J’ai été révoltée par cette école et par ses méthodes, j’ai été révoltée par ce pan de l’Histoire où racisme et injustice faisaient loi. Les mots sont justes, tranchants, incisifs et nous glacent jusqu’à la moelle.

Pendant un temps les parties dans le présent étaient les bienvenues. Je les trouvais moins dures, divertissantes presque jusqu’à ce que la tendance s’inverse et que la partie présente nous dévoile tout son potentiel, toute son intensité, toute sa puissance et transforme cette excellente lecture en coup de coeur. Nous découvrons une Alma métamorphosée, combative, émancipée de ses parents mais surtout déterminée à prouver l’innocence de son ami Asku. Nous remontons les différentes pistes, examinons les indices tels des enquêteurs. Et bien qu’elle soit hantée par ses souvenirs, elle est guidée par sa soif de justice. Asku est innocent, n’est ce pas ? Je n’en ai absolument pas douté une seule seconde et malgré tout un flot d’émotions pendant ma lecture, je n’ai pas vu venir ce dénouement aussi bouleversant et déchirant. Il m’a serrée le coeur et m’a fait verser quelques larmes. C’était tellement magnifique que je n’ai même pas de mots assez forts pour en parler. Lisez le, vous n’en sortirez pas indemnes…


Une fiction historique passionnante, enrichissante mais déchirante.

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4 commentaires sur “Pour l’honneur de tous les miens – Amanda Skenandore

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