Interview Collaborative de Valérie François, auteure du livre « Les jours où je suis née »

Il y a quelque temps j’ai eu la chance de découvrir en avant première Les jours où je suis née grâce à Hugo Roman. Grace à eux j’ai aussi eu la chance de participer à une interview collaborative avec 5 autres blogueuses. Une superbe expérience qui m’a permis d’en découvrir un peu plus sur l’auteure de ce coup de cœur et l’écriture de ce roman que je vous recommande mille fois !

Sarah Blaineau / Sarah Blaineau Books :

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Ce livre est riche en détails, sur le Vietnam, l’adoption. Est-ce que l’écriture vous a demandé beaucoup de recherches sur ces sujets ? Avez-vous mis plusieurs mois, plusieurs années pour l’écrire ? Quelle a été en somme votre méthode d’écriture ? 

Oui en effet, j’ai eu une tonne de recherches à faire. Au-delà de la culture, il a fallu que je me projette une vingtaine d’années en arrière, à la naissance de Luu-Ly, les choses ont évolué depuis et ce qui existe aujourd’hui au Vietnam, n’était pas forcément d’actualité à l’époque. J’ai mis trois ans pour écrire ce roman, à la fois il s’agit de mon premier travail d’écriture et je n’avais pas forcément la méthode et l’organisation qui m’auraient permis de gagner du temps.

Pour parler de méthodologie justement, je n’avais pas fait de plan au préalable et je me suis surtout concentrée sur la « naissance » de mes personnages. Lorsqu’ils ont été suffisamment matures, je les ai suivis. C’est vraiment comme ça que cela s’est passé et je m’en étonne encore. Parfois j’écrivais plusieurs pages et au moment de relire, je me disais « Mais non, ce n’est pas possible… jamais Luu-Ly ne ferait une telle chose ou aurait une telle réaction ». Je recommençais et c’est vraiment mon héroïne qui prenait les rennes pour me guider vers les différents évènements.

 

Dans votre roman, on ressent assez bien le choc culturel de l’héroïne à son arrivée en France, est-ce que ça a été facile d’écrire sur ce sujet ? Je présume que cela demande un certain recul vis à vis des pays comme la France et le Vietnam ?

C’est sûr et c’est vraiment d’une importance capitale de regarder autour de soi de temps en temps. J’ai eu la chance de pouvoir faire quelques voyages et lorsque l’on arrive dans des pays comme la Thaïlande, que j’ai visitée, ou le Vietnam, on redescend bien vite de son petit nuage. La plupart des gens sont loin de vivre dans un confort comme le nôtre. Lorsque nos enfants s’inquiètent de savoir quel téléphone dernier cri ils vont avoir pour Noël, beaucoup d’autres se demandent s’ils vont pouvoir manger et rêvent d’aller à l’école. Ce n’est pas une critique, c’est juste un constat. J’ai eu l’extrême privilège de naître en France et lorsque je pense à tous ces parents dans le monde qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants… leur souffrance doit être insoutenable. C’est tout à fait ce que je voulais démontrer en présentant Lily-Rose versus Angela. L’une hallucine des préoccupations plutôt frivoles de l’autre et inversement, Angela est catastrophée par l’ignorance de sa sœur sur des choses aussi banales et indispensables qu’une baignoire, un ordi ou un Smartphone. Nous vivons en décalage total selon le pays dans lequel nous avons été élevés.

 

Mélanie / It’s my life book :

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À travers la quête d’identité de Lily-Rose, quel(s) message(s) souhaitez-vous transmettre au lecteur ?

Qu’il est extrêmement compliqué de vivre sans repère. Que nous ayons été élevés par des parents biologiques ou d’adoption, nous avons absolument besoin de savoir que nous faisons partie d’une famille, d’un clan… que nous sommes la prunelle des yeux de quelqu’un. Se construire sans avoir pu bénéficier et profiter de l’amour inconditionnel que l’on est censé recevoir enfant est un véritable handicap. Comment être sûr de soi et avoir confiance en les autres si personne ne nous a jamais aimé de façon absolue ? Je ne dis pas que c’est impossible, heureusement parce que beaucoup ont eu des vies dissolues et trouvent toujours le moyen d’avancer, mais c’est tellement plus confortable.

 

Vous retrouvez-vous en Lily-Rose ? Quels sont vos points communs/similitudes avec ce personnage ?

Cette question est assez amusante parce qu’un ami d’enfance, qui a lu mon roman, m’a reconnu dans certains côtés de Luu-Ly, mais aussi dans Angela. Je n’ai absolument pas cherché à me décrire dans aucun de mes personnages. Après, ce sont tout de même « mes bébés », alors c’est peut-être normal qu’il y ait quelques traits de caractère héréditaires ! En tout cas si c’est le cas, c’est tout à fait inconscient. Cependant, en réfléchissant un peu, comme Angela, je suis très positive, fonceuse et très gaie. Je ne m’attarde jamais sur ce qui va de travers, je n’ai qu’une vie et il est hors de question que je la passe à ressasser d’éventuels regrets. Comme Luu-Ly, j’ai un besoin vital d’être entourée de mes proches et je fais difficilement confiance. Je me sens vite perdue et paniquée lorsque je n’ai pas mes repères familiaux.

 

Aurélie / Jardin Littéraire :

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Les émotions me paraissent si vraies, si réelles, si naturelles que je me demande s’il n’y a pas du vécu dans cette histoire. Est-ce tiré de fait réels ? Vous identifiez-vous à Lilly-Rose ?

Heureusement pour moi, je n’ai rien vécu d’aussi dramatique que les évènements qui frappent la vie de Luu-Ly, je ne me suis donc jamais vraiment identifiée à elle. Cependant, quelques incidents de parcours m’ont fait connaître ce sentiment de se sentir seule au monde et ça a été extrêmement compliqué. La solitude est une souffrance innommable. Heureusement, j’ai rencontré mon mari et nous avons emménagé ensemble le jour même de notre rencontre. C’était en mai, j’allais fêter mes 16 ans en juin et nous ne sommes plus quittés depuis.

La quête d’identité est un thème récurrent dans la littérature mais comment est venue l’idée de ce roman en particulier dont l’histoire est très originale et dépaysante ?

Pour être tout à fait honnête, la quête d’identité n’était pas mon idée première. Je voulais surtout parler des différences, qu’on soit Noir, Blanc, gros, petit, bègue, avec les oreilles décollées, etc.… nous n’arrivons pas à comprendre que nos différences sont la clé de notre force. Et justement ce qui devrait faire notre force devient souvent notre faiblesse parce qu’on se sent regardé, jugé, déprécié. Alors lorsque mon fils m’a dit « Si tu veux parler à ce point des différences, écris une histoire sur un extra-terrestre, il sera vraiment différent ». Vu qu’il y avait déjà E.T, nous avons commencé à plaisanter sur des personnages improbables et une petite Vietnamienne blonde est venue se glisser dans la conversation. Je n’avais pas préétabli de plan de travail et c’est au fur et mesure de l’écriture que son parcours s’est transformé en véritable quête. Elle était déjà suffisamment déstabilisée par ses différences, je ne pouvais pas la laisser sans famille !

 

Noémie / Holly Golly :

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La thématique principale du roman porte sur la quête identitaire. Pourquoi avoir choisi de la mettre en avant au travers de l’enlèvement et de l’adoption ?

Au départ, je souhaitais écrire sur les différences et le regard des autres. Pour que cette petite fille soit à la fois blonde et vietnamienne, c’était soit qu’elle avait été enlevée, soit adoptée (ou les deux !). Lorsque j’ai commencé à écrire, il m’a semblé intéressant de renverser les normes. Lorsqu’on parle d’adoption, c’est toujours dans le même sens, bien évidemment ce sont principalement des familles de pays aisés qui adoptent des enfants qui vivent dans des conditions plutôt précaires. Cette fois, même s’il n’y a pas eu de démarches préalables ou de préméditation, j’ai voulu démontrer que l’amour sous toutes ses formes est capable de briser bien des codes.

 

Une partie du roman se passe au Vietnam. Pourquoi avoir choisi ce pays plutôt qu’un autre ? Est-ce qu’il représente quelque chose pour vous ?

Luu-Ly a deux identités et je voulais que ses deux histoires soient aux antipodes l’une de l’autre. Le calme et la simplicité de la vie du Nord-Vietnam et l’agitation et la richesse de Paris ne pouvaient pas être plus éloignés. C’est pour ça que le choc est si grand pour elle. Lorsqu’au cours d’une conversation avec mes enfants, où l’on s’amusait à trouver des personnages atypiques, cette petite Vietnamienne blonde s’est invitée, elle m’a tout de suite séduite. Alors, le Vietnam c’est un peu un hasard, mais je crois, au vu de son caractère, de ses réactions et de son attachement à ses racines, qu’aucun autre pays n’aurait pu lui convenir aussi bien.

Stéphanie / Des souris et des livres :

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Qu’est-ce qui vous a donné un jour l’envie d’écrire ?

D’aussi loin que je me souvienne, cette idée a toujours été là, mais je n’ai jamais osé me lancer. Pas de légitimité dans le domaine, pas suffisamment de confiance en soi, puis surtout un manque de temps évident. J’ai subi une intervention chirurgicale importante qui m’a laissée coincée à la maison pendant un très long moment. Mon fils qui me parlait souvent de ce rêve m’a simplement dit : « Tu voulais du temps… et bien tu l’as, le reste viendra ».

 

Est-ce votre premier roman ? Pouvez-vous nous expliquer tout le processus du début à la fin ? (À partir du moment où vous avez eu l’idée jusqu’à la publication aujourd’hui chez Hugo).

C’est en cherchant une idée un peu originale que ma petite héroïne s’est invitée dans ma tête au milieu de plusieurs autres personnages atypiques. J’ai tout de suite été sous le charme et c’est avec elle que j’ai choisi d’embarquer.

Mon aventure est assez dingue. J’ai fait et défait chacune des phrases qui se trouvent dans mon roman, ça m’a pris un temps fou et je savais bien que jamais je n’arriverai à le terminer. Malgré tout, je suis allée jusqu’au bout et rien que ça, je n’en reviens pas. Trouver un éditeur pour un premier roman n’étant pas chose facile, j’ai pensé à l’autoédition, mais lorsque j’ai vu les prix pour faire corriger un roman et faire faire une couverture, j’ai abandonné l’idée. Pour mon anniversaire, mon mari m’a offert ce cadeau et je n’avais plus le choix. J’ai mis mon roman en ligne et l’aventure a commencé. J’avais du mal à faire connaître mon livre, mais j’avais chaque fois de jolis commentaires. Grâce à ces avis enthousiastes, le site de vente m’a contactée pour mettre mon roman en avant. À partir de là, mes ventes ont explosé, (c’est mon fils, qui vit au Canada avec huit heures de décalage horaire, qui m’a réveillée en pleine nuit pour hurler dans le combiné que mon livre était numéro un des ventes sur le site). Mon livre est resté un bon moment à osciller entre la première et la deuxième place, puis en très bonne position pendant près de deux mois. C’était absolument incroyable. Un jour, Lea Mariani, éditrice chez Hugo&Cie, m’a contactée après avoir lu « Les jours où je suis née ». Elle a été séduite par Luu-Ly, m’a proposé une collaboration. Là encore c’était impensable. Premièrement j’ai été contactée par une maison d’édition, deuxièmement il s’agissait de Hugo &Cie et troisièmement, travailler avec Lea Mariani a été une expérience intense et extraordinaire. Nous voilà donc mon roman et moi sur les starting blocks pour cette nouvelle aventure.

Retrouvez toutes nos chroniques ici :
Chronique de Mon Jardin Littéraire
Chronique de Holly Golly
Chronique de Sarah Blaineau
Chronique de It’s my life book
Chronique d’une souris et des livres à venir

2 commentaires sur “Interview Collaborative de Valérie François, auteure du livre « Les jours où je suis née »

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